
La moto est sanglée sur le toit d’un bus, nous nous rendons à 600 km de Bamako pour 3 jours de randonnée dans les falaises de Bandiagara en pays Dogon.
Le peuple Dogon
Jusqu’au 9ème siècle, les pigmées peuplaient la région. Une forêt dense s’étendait alors aux abords de la falaise. Pour se protéger des animaux et des esprits de la forêt, les pigmées construisaient leurs abris en banco (bouse+terre+herbe+eau) à flanc de falaise. Puis les pigmées ont déserté la région, ils ont migré vers les forêts d’Afrique centrale.
Les premiers Dogons sont arrivés vers Bandiagara au 13ème siècle, fuyant les islamisateurs du sud du pays. Les Dogons ont reçu l’aide de caïmans pour traverser le fleuve, cet animal reste sacré car il incarne les esprits des ancêtres. Pour se prévenir de l’ennemi et se protéger des dangers de la forêt, leurs villages étaient construits en hauteur, contre la falaise, juste en dessous des anciennes habitations pigmées. Aujourd’hui, il n’y a plus d’ennemis, ni de forêt, les villages toujours en banco sont installés au pied de la falaise. Par respect pour leurs ancêtres, les anciennes habitations sont entretenues régulièrement. Dans chaque village dogon, une maison est décorée de motifs et de couleurs, restaurée lors d’une grande fête tous les 60 ans, c’est l’habitation du hogon. Le hogon est le chef suprême des Dogons, il vit seul dans le village des ancêtres, est pur (célibataire), sage, initié en bas âge aux traditions dogons et à la langue secrète et doit être un des plus vieux du village. De nombreux village n’ont plus de hogons depuis des années car les initiés sont encore trop jeunes. Le hogon vit avec un serpent très long et très coloré, Moussa, notre guide, l’a déjà vu plusieurs fois. Ce serpent lave le hogon une fois par an pour lui donner des forces. On ne peut pas pénétrer dans la maison inoccupée, en attente d’un nouvel hogon, car le serpent veille. Quand un problème nécessite la parole du hogon, le village envoie un messager pour solliciter une rencontre.
Au cours des randonnées, nous croisons de nombreux jeunes occidentaux venus travaillé quelques semaines, quelques mois ou quelques années au Mali : formation d’instituteurs, commerce équitable, ong, centres de soins, hôpitaux, alphabétisation, prévention, développement durable, etc… Nous passons devant des écoles, des dispensaires, des puits, des panneaux solaires, des pompes à eau assurant la vie dans les villages de brousse. TOUTES ces installations sont financées par des institutions occidentales, car si ces investissements transitaient par l’état malien, la moitié irait dans les poches des dirigeants (cf. Yacouba). A Danga, l’école a été financée et réalisée par une ong allemande. L’instituteur est payé par les villageois , l’état se désengage. Le Mali vit sous perfusion de l’Occident. Tièblé, jeune instituteur me confie que les maliens se sont toujours entendus dire que l’Afrique ne peut pas s’en sortir seule, qu’elle n’a pas les moyens. Pourtant il y a une force de travail ici, la population est jeune, la moitié a moins de 14 ans. Les Maliens abattent quotidiennement des tâches éprouvantes, tout est fait à la main, rien n’est mécanisé (cultiver, laver le linge, aller chercher l’eau au puit, etc…). Tous ces travaux n’assurent qu’une survie jusqu’au lendemain, jusqu’à l’année suivante. Je n’ai encore rencontré aucun ambitieux…

A DOS DE MOTO
2 jeunes blanches, une moto, un sac à dos, deux tendeurs, cinq jours de road trip, 600 km de goudron ou de piste de villes en villages sous l’orage ou le soleil brûlant.
Ca commence mal… Au bout de 90 km de piste inondée (comprenez qu’il est hors de question de faire demi tout), les étourdies que nous sommes réalisons que nous avons oublié nos casques au campement au pied des falaises, et notre crème solaire à Bamako! Comme chacun ici se plie en quatre pour les deux toubabous à moto, on nous rapporte nos casques le lendemain.
La brousse, les baobabs, les oiseaux tropiaux, les villes grouillantes de vie, de rires me fascinent. Les maladies, l’hygiène déplorable, les traditions parfois incompréhensibles, le rythme d’une lenteur souvent exaspérante, les réactions suscitées face à ta couleur de peau peuvent rendre fou!






un salut aux motardes des 24 heures, euh non jours, du mali!
Bonjour,Anna
De tres belles photos qui nous à fait revés ainsi que cette histoire sur le peuple DOGON avec ses traditions et ses coutumes ancestreaux
Le club plaisance et les Adhérents
GRAND COUCOU D’ AUSTRALIE ANNA !!! TES PHOTOS SONT SUPERBES, TON VOYAGE A L’AIR EXCELLENT ! BONNE ROUTE ALORS!!!